Ecouter sa nature # 1 – Ecouter le chant des oiseaux

Ecouter le chant des oiseaux

Le couteau suisse inaugure une nouvelle rubrique, « Ecouter sa nature ». Dans celle-ci, Damien Huvelle, ancien Directeur-Président de la Haute Ecole et passionné par la nature, nous propose de (re)découvrir notre environnement familier en cette période de confinement.

Durant ces semaines où chacun reste chez soi, c’est si bon de se relier à la nature. Pas facile, pensez-vous, quand on habite en pleine ville. Pourtant la nature sauvage est bien présente ici aussi. Pour les oiseaux, la ville est un univers minéral, les façades des immeubles sont des falaises ; les jardinets et les parcs, des îlots de verdure grouillant de nourriture. Et si nous profitions d’une pause pour observer les oiseaux et plus exactement, pour apprendre à reconnaître leurs chants ? (Cliquez sur chaque nom d’oiseau afin d’entendre son chant )

Cette période de printemps est le moment idéal pour tendre l’oreille et écouter le chant des oiseaux. C’est la pleine période des amours. Les mâles tissent un territoire de leur chant sonore pour écarter les rivaux et attirer les femelles. Si certains chantent toute la journée, c’est le matin qu’on les entend le plus. L’air est plus froid et le son porte donc plus loin. 

Ce matin, je me réveille à 6 heures. Il fait encore sombre, mais le Merle noir chante déjà. C’est mon chanteur favori. Son chant flûté est une improvisation permanente. En écoutant bien, durant les silences qu’il ménage, j’entends parfois un autre mâle, plus loin, qui lui fait la réplique.

6h30. Il fait clair. J’entends une Mésange charbonnière. Avec sa cousine, la Mésange bleue, c’est l’un des oiseaux que l’on rencontre le plus en ville. Son chant vigoureux tinte dans l’air du matin : ti-tuu… ti-tuu… ti-tuu…

A 7 h, une Corneille noire, au croassement caractéristique, déchire le calme. Elle est perchée sur une cheminée et restera toute la matinée à surveiller son territoire.

Le Pigeon ramier est déjà en couple. Il caracole devant sa femelle en tournant sur lui-même. Son chant ressemble à celui de la Tourterelle turque. Pour ne pas les confondre, facile ! Le chant du Pigeon consiste en une strophe à cinq syllabes, alors que chez la Tourterelle, il y en a trois.

8h15. Un Héron cendré passe au-dessus de la maison en poussant un cri de clarinette un peu rauque. Il se rend probablement à un étang proche d’ici et repassera dans l’autre sens en fin de journée. Avec près d’1m75 d’envergure, c’est le plus grand des oiseaux que l’on peut voir dans les parages.

8h24. Une Mésange bleue lance un trille tout en examinant, tête en bas, une fleur de sorbier. Son chant ressemble à un petit hennissement. Elle ne tient pas en place, toujours à la recherche de nourriture. Elle repassera dans la journée, à plusieurs reprises, souvent en petits groupes de trois ou quatre congénères.

Le Pinson des arbres entame sa journée. Inlassable, il répétera sa phrase stéréotypée au fil des heures. Il commence la strophe par une série de sons très rapprochés comme destinés à éloigner les mâles rivaux, puis termine la phrase par une boucle qui semble vouloir attirer les femelles.

Plus difficile à repérer, parce que plus aléatoire, voici le chant de l’Accenteur mouchet, qui évoque le son aigrelet d’un minuscule vélo dont la chaîne manque d’huile. Cet oiseau est discret et affectionne les fourrés denses. Je me demande comment il fait pour échapper aux chats.

.

Un couple de Pies bavardes a installé son nid dans l’épicéa du voisin. Leurs cris me font penser au sons des crécelles ou des castagnettes. 

Soudain retentit le chant du Troglodyte mignon. Ce champion minuscule a du coffre ! Son chant est d’une puissance impressionnante pour un oiseau aussi petit. Cette longue phrase est marquée, dans sa deuxième partie, par un petit « trrrrrrrrrrrrr… » énergique qui montre qu’on peut être petit et avoir du caractère.

J’attends avec impatience l’arrivée d’un autre hôte des villes ! Cet athlète migrateur, qui ne se pose quasi jamais, hormis pour pondre et couver, arrivera à Bruxelles début mai. Les cris rieurs de cet oiseau de falaises égaieront le ciel citadin jusque fin juillet. Devinez de qui il s’agit?

Voilà déjà une douzaine d’oiseaux courants en ville. Je n’ai pas eu besoin de sortir de chez moi. A la réflexion, suis-je chez moi ou chez eux ? Et vous, quels sont les oiseaux dont vous entendez le chant depuis votre fenêtre ?

Vous voulez joindre l’utile à l’agréable? Natagora organise un recensement des oiseaux de nos jardins pendant le confinement. C’est gratuit et précieux pour les chercheurs. Vous pouvez télécharger ici un poster gratuit des 35 oiseaux les plus courants en hiver  et vous trouverez sur leur site les ressources pour les identifier.  

Pinson
 
Si, comme moi, vous voulez perfectionner l’art de l’écoute des chants d’oiseaux, voici quelques autres liens utiles. 
  • Le site oiseaux-net vous permet d’écouter le chant de chaque espèce présentée dans cet article.
  • L’application Cui-Cui pour IOS est l’une des meilleures du genre pour débuter. Elle contient tout ce qu’il faut pour se lancer dans l’apprentissage, y compris des quiz sonores, de difficultés croissantes. Sur Android, l’application Ornidroid semble également un bon point de départ. Bon amusement !
Mésange bleue
Merle noir
Mésange charbonnière
Corneille
Troglodyte
Héron cendré
Ecouter sa nature # 1 – Ecouter le chant des oiseaux
Partage l'info !
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Retour en haut