Ecouter sa nature #2 – Ecouter le chant des oiseaux #2

Ecouter sa nature #2 - Ecouter le chant des oiseaux #2

Le couteau suisse inaugure une nouvelle rubrique, « Ecouter sa nature ». Dans celle-ci, Damien Huvelle, ancien Directeur-Président de la Haute Ecole et passionné par la nature, nous propose de (re)découvrir notre environnement familier en cette période de confinement.

Après plusieurs semaines de plein soleil et de ciel bleu, la pluie est arrivée sur la ville. Cela ne semble pas trop déranger les merles, pigeons et corneilles de mon quartier. Un peu d’humidité fera du bien aux plantes des jardins et des parcs. Les arbres sont désormais tous couverts de feuillage.

Je profite d’un break pour poursuivre mon écoute du chant des oiseaux et partir à la rencontre de toute la diversité qui se cache au cœur de nos villes. Cette fois, je marche quelques minutes jusqu’au parc voisin. Il n’y a encore personne à cette heure matinale. Les fleurs des cerisiers du Japon sont tombées.

Je tends l’oreille. Voici le chant mélancolique du Rouge-gorge familier, qui se marie bien avec le ciel gris. Composé de longues phrases un peu acidulées, toutes en demi-tons, il est délicat et ciselé comme ce petit oiseau peu farouche. On l’entend aussi dans le clair-obscur du crépuscule et dans les sous-bois.

Soudain retentit le cri d’alerte du Geai des chênes. Ce bruit de crécelle est audible toute l’année et signale à la ronde que je suis entré dans le territoire de cette sentinelle sans faille. Je collectionne les plumes d’un bleu azuré de cet oiseau qui, chaque année, enterre des milliers de glands et contribue ainsi au reboisement de nos forêts.

Le ciel se déchire, le soleil revient et voilà le « chiff-chaff » du Pouillot véloce. C’est le chant décidé et insouciant des jours heureux. Ce petit oiseau au plumage brun verdâtre aime se percher sur la cime des arbres pour « compter ses écus ».

Dans la haie sur le bord du chemin retentit le babil flûté de la Fauvette à tête noire. C’est une longue et rapide strophe, très vive et joyeuse, qui rappelle le chant du merle en plus intense et plus pressé. Si elle se sent menacée, la Fauvette pousse un cri d’alerte qui ressemble à s’y méprendre à des billes de verre entrechoquées.

Perché sur un toit voisin, un Rouge-queue noir signale sa présence en agitant sa queue orangée. Son chant est très particulier et facile à reconnaître car, après une ou plusieurs strophes sifflées de sept syllabes, la deuxième phrase évoque un grésillement électrique ou le bruit d’un papier métallisé que l’on froisse.

Autre amateur des toitures et de la cime des arbres, le Verdier d’Europe est également facile à repérer, car son chant, qui commence comme celui d’un canari, contient un long « djjjjjjjjjjjiiiiiiiiiii» en deuxième partie. Il est très territorial et passe la journée à se déplacer d’un lieu d’observation à l’autre.

Les Moineaux domestiques se font plus rares en ville, du moins dans les quartiers comme le mien, qui contiennent moins de haies et de trous dans les façades où installer leurs nids. Mais je retrouve leurs « chip », « chirp », pépiements incessants et leurs espiègleries en bandes dans le parc. Les terrasses des cafés, où ils grappillent les miettes de biscuits délaissés par les touristes, doivent leur manquer en ces temps de confinement.

De loin, on pourrait le confondre avec le merle, et pourtant il est très différent : l’Etourneau sansonnet, très grégaire durant la mauvaise saison et pouvant regrouper des centaines de congénères dans un arbre où voler de concert dans un nuage polymorphe, a un chant très particulier. C’est une suite ininterrompue de sifflements, de clics, de grincements et de cris qui me permet de le repérer. Il peut en outre imiter d’autres espèces! Je l’ai déjà entendu pousser le cri de la Buse.

Je prends le chemin du retour. Soudain, j’entends le cri du Martinet noir, le migrateur dont j’évoquais l’arrivée imminente dans l’article précédent. Cet oiseau, qui ressemble à une grosse hirondelle, passe quasi toute l’année en vol. La nuit, en haute altitude, une moitié de son cerveau dort tandis que l’autre surveille le vol. Il se reproduit en vol également. Une femelle va pondre dans un nid ménagé sous la corniche de l’immeuble d’en face. Les petits naîtront ici et, fin juillet, toute la famille repartira vers l’Afrique. Pendant trois mois, leurs poursuites acrobatiques accompagnées de sifflements stridents vont faire chanter l’été.

Il est un autre invité que l’on entend surtout au mois de mai. C’est l’un des rares oiseaux dont le nom est aussi un chant, que nous reprenons volontiers pour initier nos salutations familières. Ca vous dit quelque chose?

PS : Clique dans le texte sur le nom de l’oiseau pour entendre son chant

Le rouge gorge familier

Si vous voulez poursuivre vos explorations des chants d’oiseaux, je vous recommande vivement les vidéos de la chaîne « la Minute Nature ». Outre leurs leçons sur les chants, ils viennent de produire une vidéo spéciale confinement.
Je vous rappelle aussi que les sites Oiseaux-net et Natagora regorgent de ressources et que vous pouvez y partager vos observations.

Belles découvertes!

Le geai des chênes
Le rouge-queue noir
La fauvette à tête noire
Le moineau domestique
Le verdier d'Europe
Le martinet noir
L'étourneau sansonnet
Le pouillot véloce
Ecouter sa nature #2 – Ecouter le chant des oiseaux #2
Retour en haut